Laureen a reçu un rein de sa soeur

Jacqui (à droite) a donné son rein sa grande soeur Laureen en 1985« J’avais 4 ans quand une ambulance m’a emmenée à l’hôpital durant mon rendez-vous chez mon pédiatre. J’étais en phase finale d’insuffisance rénale » souligne Laureen Bureau qui vivait le début d’une longue expérience avec les hôpitaux. C’était en 1960 et elle vivait à St John au Nouveau-Brunswick avec ses parents et ses 4 sœurs.

Durant son enfance, elle est contrainte de faire de nombreux allers-retours entre St John et Montréal pour se faire soigner à L’Hôpital de Montréal pour enfants. « Malheureusement, je ne répondais à aucun des traitements en raison d’un mal du pays aigu et on a dû me renvoyer à la maison. », explique Laureen (à gauche sur la photo).

Durant son adolescence, l’état de santé de Laureen se stabilise et elle peut ainsi éviter les séjours contraignants à l’hôpital. « Durant cette période, j’ai réussi l’école secondaire puis le Cégep et j’ai travaillé un peu. Je suis ensuite retournée à L’Hôpital de Montréal pour enfants pour faire du bénévolat », fait remarquer Laureen.

Au lendemain de ses 26 ans, la condition rénale de Laureen se détériore et elle éprouve de plus en plus de difficulté à étudier, se sent très faible et perd le goût des aliments. « Au moment où je devais déménager à Montréal, mon néphrologue a commencé à évoquer la dialyse voire même la transplantation », souligne-t-elle.

Au début de l’année 1984, ses sœurs ont décidé de se faire tester pour voir si une d’entre elles serait compatible et potentiellement donneuse. Il s’est avéré que sa plus jeune sœur, Jacqui (à droite sur la photo), était parfaitement compatible et Laureen reçoit donc son rein le 8 aout 1985 à l’âge de 29 ans. « Ce don de vie a changé ma vie pour toujours et un lien fort s’est créé avec ma sœur. Je lui en serai pour toujours reconnaissante », affirme Laureen.

 

Sofia a fait un don de rein à son ami Anthony

Je n’aurais jamais imaginé pouvoir sauver la vie d’une personne si proche de moi. Je connais Anthony depuis plus de 10 ans. Nous nous sommes rencontrés au Collège Dawson et nous sommes restés meilleurs amis depuis. Lorsque j’ai appris que les reins d’Anthony ne fonctionnaient plus au point qu’il devait faire de la dialyse à la maison plusieurs fois par jour, j’ai eu le coeur brisé.

Je savais que je ne pouvais pas rester assise simplement à le regarder subir tous ces contraignants traitements. Je l’ai donc approché ainsi que ses parents pour leur signifier mon souhait de lui donner un de mes reins.

Je n’avais aucune idée d’être compatible, mais je savais que quelque chose devait être fait. J’ai passé de nombreux tests étalés sur plusieurs mois, vu beaucoup de médecins, et finalement reçu la nouvelle que j’étais compatible à 100 % avec Anthony.

Lorsque nous avons eu cette merveilleuse nouvelle, nos yeux se sont remplis de larmes de joie et de bonheur. L’inconnu ne m’a jamais préoccupée, car les médecins ont été de très bons conseillers. J’ai pu aussi compter sur le soutien inconditionnel de ma famille, mes amis et mon compagnon.

Je savais qu’après le 12 mai 2011, Anthony retrouverait la santé pour le restant de ses jours et je ne pouvais penser à rien d’autre au moment de prendre cette importante décision.

Je ne pouvais être plus heureuse d’avoir fait ce geste. Le voir profiter de la vie à nouveau est la meilleure récompense possible.

 

Lyne a donné un de ses reins à Raphaëlle

Le 15 juin 2010, Lyne Beaulieu, qui vit à Granby, donne son rein à la petite Raphaëlle Gosselin (alors âgée de 6 ans) changeant ainsi le cours de sa vie pour toujours.

Raphaëlle souffre d’insuffisance rénale depuis son plus jeune âge et c’est en novembre 2008, à l’âge de 4 ans, que les médecins décident de lui retirer ses deux reins qui ne fonctionnent plus du tout.  Elle doit donc subir le traitement de la dialyse à raison de 12 heures par jour, tous les jours de la semaine pendant 2 ans jusqu’à ce qu’elle puisse accepter les dons rénaux.

C’est grâce à la grand-mère de Raphaëlle que Lyne est mise au courant de sa maladie. Touchée par son histoire et son jeune âge, elle décide de donner son rein à Raphaëlle. Elle sait qu’elle est compatible car elle est donneuse universelle.

Elle rencontre Raphaëlle quelques mois seulement avant qu’elle ne décide de lui donner un de ses reins. Elle contacte l’hôpital Sainte-Justine pour signifier son souhait et passera les séries de tests obligatoires durant les six premiers mois de 2010 sous la supervision du Dre Clermont. Persévérante, Lyne Beaulieu ne laissera aucun répit à l’hôpital pour que la durée des tests soit réduite au minimum. Son objectif? Permettre à Raphaëlle de recevoir son rein aussi vite que possible et l’enlever du douloureux traitement de la dialyse. « J’ai de l’admiration pour cette famille. C’était mon moteur » souligne Lyne Beaulieu.

Lyne et Raphaëlle se sont revues une seule fois avant la greffe et Lyne lui a offert un chat en peluche qui allait lui « apporter une bonne nouvelle ».

La greffe a lieu le matin du 15 juin 2010 et l’opération est un succès.

Dans les jours qui suivent Lyne reçoit un téléphone de Raphaëlle qui lui annonce une bonne nouvelle. Elle vient de boire un verre de jus de pommes, un verre de jus d’orange et un verre d’eau les uns à la suite des autres. Lyne sait ce que ces gestes anodins représentent pour la petite fille et éprouve une joie immense à voir Raphaëlle mener à présent une vie normale comme toutes les autres filles de son âge.

Lyne garde néanmoins une grande pudeur envers la famille de Raphaëlle. « Je ne lui ai pas donné mon rein mais UN rein. Je ne suis que le maillon d’une grande chaîne de vie » tient-elle à préciser. Elle dit aussi avoir vécu « une aventure de solidarité incroyable » et se dit « témoin de grandes choses ». Elle souhaite aussi souligner la « compétence extraordinaire des médecins et la gentillesse des infirmières » tout au long du processus de greffe.

 

Claire Tardif a fait don d’un rein à son mari, Jean-Guy

Quand donner un rein rime avec…se faire du bien!

Se faire du bien, c’est avoir pris la décision, sans aucune hésitation, que je voulais donner un rein à mon mari qui souffrait d’insuffisance rénale depuis 6 ans.

Se faire du bien c’est avoir compris qu’on avait mis sur mon chemin un ange gardien, l’infirmière spécialisée France Martineau de l’Hôpital Royal Victoria, qui m’a accompagnée tout au long de cette grande aventure et qui prend encore si bien soin de moi.

Se faire du bien c’est faire confiance à une équipe formidable d’infirmières et de médecins spécialistes qui a rendu possible ce miracle de vie.

Se faire du bien c’est accueillir avec une immense gratitude l’aide de mon employeur et de ma collègue de travail qui m’ont donné la flexibilité nécessaire pour compléter en 7 mois tous les tests médicaux qui ont confirmé que je pouvais donner un rein à mon mari.

Se faire du bien c’est accepter l’élan de générosité spontané de nos voisins Karen, Dan, Mario, Andrea et Josie qui, à l’annonce de notre démarche, se sont tous mobilisés pour nous concocter des plats santé et s’assurer que je me sentais en sécurité alors que mon mari était toujours à l’hôpital. Sans oublier la grande bonté de Frank qui a décidé de couper le gazon tout l’été et ramasser les feuilles à l’automne.

Se faire du bien c’est regarder mon mari à qui j’ai donné un rein le 16 juin 2011 et que je vois maintenant débordant d’une énergie retrouvée. Je pense à la merveilleuse chance que j’ai eue de pouvoir lui faire ce cadeau et à la longue vie que nous avons devant nous.

N’hésitez pas à donner un rein, ça fait vraiment beaucoup de bien!

Claire Tardif